Comment rompre un contrat d’apprentissage ?
Rompre un contrat d’apprentissage peut intervenir dans plusieurs cas de figures. Mais il est essentiel de se prémunir de toutes contraintes juridiques tant de la part de l’employeur que pour le salarié apprenti. Le contrat d’apprentissage a ses règles que chacune des parties prenantes doit respecter. Si vous êtes en apprentissage et que vous souhaitez savoir comment mettre fin à votre collaboration avec votre employeur, voici toutes les réponses utiles tout au long de cet article.
Qu’est-ce qu’un contrat d’apprentissage ?
Un contrat d’apprentissage est un accord légal conclu entre un employeur et un apprenti. Il s’agit d’un dispositif de formation professionnelle qui permet à un individu, l’apprenti, d’acquérir des compétences pratiques en entreprise tout en suivant une formation théorique. Ce type de contrat vise à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes en alternant entre périodes de travail en entreprise et périodes de formation dans un centre d’apprentissage.
En outre, le contrat d’apprentissage permet à l’apprenti d’acquérir des compétences professionnelles aboutissant à un diplôme d’État ou un titre reconnu au RNCP.
Notons que ce type de contrat vise principalement les jeunes de 16 à 25 ans, mais cette limite d’âge peut être étendue dans certaines situations. La durée du contrat varie généralement de six mois à trois ans, en fonction de la qualification visée. Pendant cette période, l’apprenti alterne entre les enseignements théoriques dispensés dans un centre de formation d’apprentis (CFA) et les activités professionnelles au sein de l’entreprise.
Par ailleurs, l’apprenti bénéficie d’une rémunération qui varie en fonction de son âge et de sa progression dans le cursus. L’employeur, de son côté, s’engage à dispenser une formation pratique à l’apprenti et à lui offrir les conditions nécessaires à son apprentissage.
Sur le plan fiscal, l’apprenti bénéficie de trois principaux avantages :
- Aucune cotisation salariale n’est déduite de son salaire brut jusqu’à concurrence de 79 % du Smic, lequel correspond au Salaire minimum interprofessionnel de croissance (1 381 €). Toute rémunération excédant ce seuil demeure assujettie aux cotisations.
- Son salaire est exempt de Contributions sociales généralisées (CSG) et de Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).
- En outre, son salaire est dispensé de l’impôt sur le revenu dans la limite du montant annuel du Smic.

Comment rompre un contrat d’apprentissage ?
En France, la rupture d’un contrat d’apprentissage est soumise à des règles spécifiques définies par le Code du travail. Les délais de rupture dépendent des circonstances et des parties impliquées.
Pendant la période d’essai
Durant les 45 premiers jours de l’apprentissage, l’employeur ou l’apprenti peut mettre fin au contrat sans préavis ni justification.
Au-delà de la période d’essai
Après les 45 premiers jours, la rupture du contrat d’apprentissage peut se faire, mais elle est soumise à des règles plus strictes. L’employeur peut résilier le contrat pour des motifs liés au comportement de l’apprenti, à des difficultés économiques, ou d’autres raisons justifiées. L’apprenti peut également rompre le contrat dans certaines circonstances, comme un abandon de formation par l’employeur.
Préavis
En général, la partie qui souhaite rompre le contrat doit respecter un préavis. La durée du préavis dépend de la durée totale du contrat. Par exemple, si le contrat a une durée inférieure à 6 mois, le préavis est de 8 jours. Si le contrat a une durée de 6 mois à 2 ans, le préavis est de 1 mois.
Dans quels cas un contrat d’apprentissage peut-il être résilié ?
Les conditions pour rompre un contrat d’apprentissage peuvent varier en fonction des circonstances et des parties impliquées. Voici quelques éléments importants à considérer :
Commun accord : La rupture du contrat peut être réalisée d’un commun accord entre l’apprenti et l’employeur. Cette option est souvent privilégiée lorsque les deux parties estiment que la collaboration n’est pas bénéfique.
Licenciement : L’employeur peut rompre le contrat pour des motifs disciplinaires ou économiques. Un licenciement peut être justifié en cas de faute grave de l’apprenti ou de difficultés économiques graves de l’entreprise.
Démission : L’apprenti peut démissionner, mais cela doit être motivé par des raisons légitimes telles qu’une incompatibilité avec la profession ou des problèmes personnels sérieux.
Incident grave : La rupture peut intervenir en cas d’incident grave, par exemple, un manquement sérieux aux obligations contractuelles par l’une des parties.
Inaptitude médicale : Si l’apprenti est déclaré inapte à exercer le métier pour des raisons médicales, le contrat peut être rompu.
Force majeure : En cas de force majeure, comme un accident, une maladie grave ou un événement imprévisible, le contrat peut être résilié.
Accompagnement par le CFA : La rupture peut être facilitée par le Centre de Formation d’Apprentis (CFA), qui peut jouer un rôle de médiateur et d’accompagnement dans le processus.

Est-il possible de suspendre le contrat d’apprentissage ?
En cas de menace sérieuse pour la santé ou l’intégrité physique ou morale de l’apprenti, la suspension du contrat d’apprentissage est envisageable. Les situations pouvant entraîner cette mesure incluent notamment des cas de :
- Brutalité
- Violences physique ou morale
- Insultes, humiliations
- Non conformité des installations de l’entreprise
- Harcèlement moral
- Harcèlement sexuel
Une enquête doit être ouverte dans ces cas de figure par l’inspecteur du travail. Il peut alors recommander la suspension du contrat d’apprentissage au directeur départemental chargé de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS ou DDETSPP). L’employeur est informé de cette suspension, pendant laquelle la rémunération de l’apprenti est maintenue, et ce dernier continue sa formation générale en CFA.
En outre, il revient au directeur départemental de prendre une décision quant à la reprise ou non de l’exécution du contrat d’apprentissage. La décision doit être rendue dans les 15 jours suivant le constat. Si la DDETS ou DDETSPP refuse le retour de l’apprenti dans son entreprise, le contrat d’apprentissage est automatiquement rompu. Le CFA est donc tenu de trouver un nouvel employeur à l’apprenti.
Pour terminer, la rupture d’un contrat d’apprentissage respecte certaines règles spécifiques. Elle peut se faire à l’initiative de l’employeur ou l’apprenti. Dans l’un ou l’autre des cas, il est nécessaire de trouver le juste milieu. En tant qu’apprenti, vous devez informer votre employeur de manière professionnelle et respectueuse. Exposez clairement les motifs de votre choix dans les délais impartis par le Code du travail.
